Agriculture et alimentation

Une femme assise à l'extérieur sur un tabouret, occupée à éplucher ou à couper des tubercules, qui sont éparpillés sur le sol autour d'elle.

Dans la grande forêt équatoriale de l’est du Cameroun, les Baka vivent depuis des siècles en harmonie avec l’environnement, pratiquant la chasse et la cueillette et faisant de l’abondance qu’offre la nature une source de nourriture et le terreau de leur mode de vie. Or, depuis quelques années, il s’exerce une pression croissante sur les ressources naturelles. Avec le soutien de la FAO, les communautés se tournent vers l’agriculture et l’apiculture pour s’adapter au changement climatique. Aujourd’hui, à Mayos, le manioc, autrefois rare, est cultivé localement. Le miel, récolté en toute sécurité, est devenu une source de revenus et de fierté.

Un homme regardant au loin dans une forêt

Dans le sud du Brésil, une boisson est toujours plus qu’il n’y paraît. Une cuia, récipient couramment utilisé, remplie de chimarrão, l’infusion traditionnelle brésilienne à base de yerba maté, passe de main en main, créant ainsi un espace de conversation et un climat de convivialité. Cette tasse est plus qu’une source de chaleur: elle porte en elle le souvenir de la forêt et les connaissances nécessaires pour vivre avec elle. Dans l’État du Paraná, dans le centre-sud du Brésil, le yerba maté est cultivé dans les forêts naturelles. Cette production durable protège les moyens de subsistance des familles depuis des générations et crée un paysage où l’agriculture dépend de la forêt au lieu de la remplacer.

Vue aérienne de rizières en terrasses.

Les choix que nous faisons aujourd’hui pour la gestion des terres, des sols et de l’eau détermineront la manière dont nous répondrons aux demandes actuelles et futures tout en protégeant les précieuses ressources de notre planète pour les générations à venir.  L’édition 2025 de L’État des ressources en terres et en eau pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde met en relief les défis pressants que constituent la dégradation des terres causée par l’homme, la pénurie d’eau et le changement climatique, ainsi que leur impact sur la productivité agricole et les écosystèmes. Elle examine le potentiel caché et inexploité que recèlent les ressources en terres et en eau s’agissant de renforcer la production agricole durable en préservant ces ressources limitées.  

Une exploitation familiale à Bebedouro (Brésil)

Les exploitations agricoles familiales, lorsqu'elles bénéficient d'un financement public intelligent et mixte, peuvent devenir de puissants moteurs de la sécurité alimentaire, de la prospérité rurale et de la résilience climatique.

Un homme vêtu d'une veste grise, d'un pantalon beige et de sandales foncées est accroupi sur un sol sec et craquelé dans un champ.

Aux quatre coins de la planète, les catastrophes se font plus fréquentes et plus intenses, et engendrent des défis sans précédent pour le secteur agricole et la sécurité alimentaire. Le récent rapport de la FAO dresse une analyse complète des multiples perturbations que les catastrophes provoquent dans les systèmes agroalimentaires, depuis les pertes de production immédiates jusqu’aux répercussions en cascade qui se font sentir par le biais des infrastructures, des marchés, des systèmes financiers et des services écosystémiques. En plus de rendre compte de ces défis croissants, le rapport trace une voie possible vers une transformation fondée sur l’innovation numérique.

Famine : 16 « points chauds » au bord de l’effondrement alimentaire

Des millions de personnes supplémentaires risquent de sombrer dans la famine au cours des prochains mois, alerte un nouveau rapport des Nations Unies. Conflits, chocs économiques, conditions climatiques extrêmes et effondrement des financements humanitaires se conjuguent pour précipiter 16 régions du monde au bord de la catastrophe alimentaire.

Un paysage volcanique saisissant, avec un sol sombre recouvert de cendres, aménagé en une série d'enclos semi-circulaires en pierre.

Le terrain volcanique de Lanzarote semble aride, mais les agriculteurs y cultivent des vignes, des patates douces et des fraises selon des méthodes traditionnelles. Après les éruptions de 1730 à 1736, les habitants se sont adaptés en utilisant des techniques de paillage à base de cendres et de sable qui permettent de conserver l'humidité et d'enrichir le sol. Ces pratiques, qui couvrent plus de 12 000 hectares, ont valu à Lanzarote d'être reconnue en 2025 par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture pour son agriculture durable et sa biodiversité.

Une femme marche dans un champ de jeunes plants de choux.

Juliana marche dans son champ sur le petit chemin qui sépare les parcelles bien délimitées de cultures en pleine croissance. Elle s’arrête devant un chou et le ramasse dans un sourire. Jadis arides, ses champs sont aujourd’hui verdoyants grâce à un système d’irrigation à énergie solaire. Ce système et une formation dispensée au sein d’une école pratique d’agriculture de la FAO ont aidé Juliana à diversifier ses cultures, à améliorer la fertilité des sols et à garantir la sécurité alimentaire de sa famille durant toute l’année. 

Dans une cour ensoleillée entre deux bâtiments blancs, trois femmes manipulent un tas de paille.

Malgré les difficultés que pose une agriculture pratiquée à haute altitude et les effets croissants du changement climatique, les femmes kichwa et les systèmes alimentaires et systèmes de connaissances de leur peuple autochtone sont, depuis des siècles, le ciment de la sécurité et de l’autonomie alimentaires de cette région équatorienne. Le nom local des parcelles qu’elles cultivent est chakra. Ce terme désigne un système agricole riche en biodiversité reconnu en 2023 par la FAO comme étant un système ingénieux du patrimoine agricole mondial. En plus de contribuer à la nutrition, à la sécurité alimentaire et aux revenus, les chakras sont aussi une source de médicaments, de combustibles et de fourrage.

Un groupe de femmes vêtues de tabliers bleus se rassemble autour d'une table sur laquelle sont disposés plusieurs bocaux de légumes marinés

Des bocaux débordant de produits variés sont soigneusement disposés sur la table – des légumes en saumure fraîchement préparés, des confitures et du concentré de tomates d’un rouge intense. À côté, un groupe de femmes découpe méticuleusement des carottes d’un orange vif et écrase des gousses d’ail, tandis qu’un autre épluche des pommes – tous venant s’ajouter aux piles grandissantes d’ingrédients frais, prêts à être transformés et conditionnés dans des récipients. En Afghanistan, où les moyens de subsistance des femmes sont limités, les femmes de Jabal Saraj ont fait de la production de légumes en saumure et de confitures une source de revenus.

Gros plan sur un tas de fruits madd à différents stades de maturité.

Depuis des générations, des communautés de la région de la Casamance, dans le sud du Sénégal, cueillent le madd, un fruit sauvage qui se développe sur des lianes enroulées autour d’arbres forestiers. L’été, les cueilleurs, souvent des jeunes, grimpent à des arbres qui peuvent pousser jusqu’à plus de 40 mètres de hauteur pour récolter à la main – ou à l’aide d’un long bâton – ce fruit orangé à la forme arrondie. Grâce à l’enregistrement du madd en tant qu’indication géographique par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle. les producteurs bénéficient d’une protection liée à l’appellation. Seuls les fruits cueillis dans la région désignée – la Casamance – et transformés conformément à un strict cahier des charges peuvent porter l’appellation protégée de « madd de Casamance ».

Deux personnes dans un champ de maïs et de végétaux à feuilles.

Paulo Benedito, pêcheur de longue date originaire de Quissanga, une petite ville côtière du nord du Mozambique, a été confronté à des changements dévastateurs en 2021 lorsque des insurgés islamistes armés ont attaqué sa communauté, le forçant, lui et sa famille, à fuir. Ils ont trouvé refuge au Centre Meculane pour personnes déplacées à l'intérieur du pays, où Paulo a dû passer de la pêche à l'agriculture. Malgré les difficultés, il a suivi avec enthousiasme la formation agricole proposée par la FAO. Il s'est rapidement distingué dans son nouveau rôle, préférant désormais l'agriculture à la pêche, car elle offre plus de stabilité et garantit la subsistance de sa famille.

Deux personnes debout dans un domaine agricole, tenant et examinant des plantes.

Les variétés de blé indigènes ont pratiquement disparu des champs géorgiens et ont été remplacées par des variétés modernes créées par des obtenteurs professionnels. Des décennies d’agriculture centralisée à l’ère soviétique ont laissé de grandes coopératives d’État à la place des petites exploitations dont s’occupaient des familles d’agriculteurs de génération en génération. C’est là que Tamriko Jinjikhadze, agronome au Centre de recherche scientifique sur l’agriculture de Géorgie, est intervenue pour inverser la tendance inquiétante de la perte de diversité génétique.

des pêcheurs traînant un dispositif d'ancrage

Pour Mário Sadique, pêcheur, la mer revêt depuis longtemps une importance vitale, mais apporte aussi son lot de difficultés constantes. Malgré son dur labeur, ses prises étaient souvent maigres. Des dispositifs de concentration du poisson ancrés (DCPa), mis en place par la FAO et le Gouvernement du Mozambique, ont aidé à attirer des poissons, qui sont ainsi plus faciles à capturer.

Une jeune personne récoltant des tomates

La FAO a publié un rapport complet sur la situation des quelque 1,3 milliard de jeunes âgés de 15 à 24 ans dans les systèmes agroalimentaires. Ce rapport examine et met en avant leur rôle crucial dans la transformation des systèmes agroalimentaires. En effet, la génération actuelle de jeunes, lesquels sont les principaux acteurs du changement, doit accroître la production alimentaire, remplacer une main-d’oeuvre vieillissante et s’adapter aux phénomènes climatiques extrêmes de plus en plus fréquents.