FAO

Ne pas céder face au désert: miser sur l’innovation pour restaurer les terres à grande échelle

En Mauritanie, la hausse des températures accélère l’expansion du Sahara et la désertification, source d’insécurité alimentaire et de pauvreté.

Une parcelle de restauration des sols dans le désert

La restauration de terres menée dans le cadre de l’initiative «Grande muraille verte», en Afrique, permet de protéger les populations contre la désertification.

Un homme en béquilles s'entretient avec un fonctionnaire de la FAO.

Ahmad est le facilitateur d’une école pratique d’agriculture gérée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans le gouvernorat rural de Hama, en République arabe syrienne. Depuis son enfance, il vit avec un handicap physique consécutif à la poliomyélite. Pour autant, grâce à ses compétences reconnues et à la gratitude des personnes qu’il aide, son estime de lui-même et sa ténacité n’ont fait que se renforcer au fil des ans. Le projet de la FAO vise à aider les agriculteurs à gagner en résilience dans des contextes difficiles. Ce projet s’attache à dispenser une formation agricole aux agriculteurs, mais aussi à donner aux personnes, en particulier à celles qui vivent avec un handicap, des moyens d’action pour qu’elles deviennent actrices à part entière de la vie locale.

Une femme enseignant dans une ferme-école au Kenya.

Esther Munani Kyalo, mère de trois enfants du quartier de Miambani, dans le comté de Kitui, au Kenya, a rompu avec ses habitudes au cours des derniers mois. Tous les mardis, elle rejoint environ 35 autres femmes à la ferme-école de Kavakaky pour élever des poussins dans un nouveau poulailler. Sous un grand manguier, la communauté se réunit pour discuter et améliorer ses pratiques d'élevage. Dans les régions arides et semi-arides du Kenya, l'élevage, y compris l'apiculture et l'élevage de poulets, est vital pour le revenu familial. La transition vers l'agriculture commerciale peut améliorer les revenus et réduire la pauvreté rurale, et les fermes-écoles sont essentielles à ce changement. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO ) a soutenu un projet visant à favoriser une croissance agricole et rurale inclusive, qui a touché près de 300 000 agriculteurs en huit ans.

Une pêcheuse tient des coquillages entre ses mains

Après plusieurs heures de récolte exténuante, Magnolia retourne au rivage avec sa récolte de pianguas, vénéridés d’eau salée enfouis entre les racines des palétuviers le long du littoral colombien de l’océan Pacifique.

Vue de l'intérieur d'une ruche.

Les ruches de Martha Adjorlolo à Donkorkrom, au Ghana, lui permettent de vivre de sa passion. Bien qu’elle ne soit apicultrice que depuis un an, elle se consacre à des pratiques durables, en utilisant des méthodes locales comme les ruches à barre supérieure et des répulsifs naturels tels que l'huile de citronnelle. La formation qu'elle a reçue récemment de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO ) a mis l'accent sur la nécessité de réduire au minimum l'utilisation de produits chimiques et antimicrobiens pour la santé des abeilles, la sécurité alimentaire et l'environnement. L'atelier a mis en lumière les dangers de la résistance aux antimicrobiens qui se produit lorsque les micro-organismes deviennent résistants aux traitements, ce qui entraîne une augmentation des maladies et de la mortalité chez diverses espèces.

Un berger caresse une vache en train de brouter.

Le « Tarakama » est un mode de vie pastoral nomade traditionnel pratiqué par les communautés azerbaïdjanaises. Chaque année, la famille de Mahammad Bayramov et cinq autres personnes déplacent leurs troupeaux dans les montagnes, où la collaboration les aide à gérer les animaux plus efficacement. Mahammad et sa communauté ont grandi avec le bétail, dont ils dépendaient pour leurs revenus, ce qui a conduit à la création d'Eko-Süd, une coopérative axée sur la production de lait et de produits laitiers. Cependant, ils ont dû faire face à d'importants défis qui limitaient leurs profits. En 2023, un partenariat entre la FAO  et le gouvernement d'Azerbaïdjan a permis de fournir des outils essentiels, notamment des machines pour broyer les aliments et un atelier de transformation laitière. Ce soutien a permis à Eco-Süd de se développer, permettant une production efficace de fromage et de beurre prisés à Bakou et au-delà.

Des agriculteurs travaillent la terre

En Colombie, dans le cadre d’un projet de la FAO, l’agrobiodiversité s’allie au savoir traditionnel des populations autochtones Wayuu pour lutter contre les changements climatiques, notamment en rendant le pa

Gros plan des mains d'une femme tenant un légume cultivé dans une serre.

La nouvelle serre d'Aishagul Duganova, mère de trois enfants et originaire de Koram au Kazakhstan, lui redonne de l'espoir malgré les problèmes de santé et les difficultés financières de sa famille. Après que la blessure de son mari et les maladies de ses beaux-parents âgés l'ont obligée à abandonner son travail, Aishagul a dû faire face à des dettes écrasantes dues aux frais médicaux. Sa situation a changé lorsque sa belle-sœur l'a orientée vers un programme de formation à la culture sous serre financé par le Fonds pour l'environnement mondial dans le cadre du projet CACILM-2 de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO ). Cette initiative vise à autonomiser les femmes rurales en leur apportant des compétences en matière d'agriculture durable, ce qui a permis à Aishagul de cultiver des aliments de manière indépendante.

Une femme et un homme en tenue de laboratoire en train de travailler des produits laitiers

Articles de fond de la FAO La rencontre du nomadisme et de la modernité

Les coopératives sont des alliées essentielles pour renforcer l’agriculture familiale, lutter contre les inégalités et favoriser le travail équitable grâce à des partenariats public-privé.

Une agricultrice africaine tient entre ses mains des pommes de terre

Au Kenya, une nouvelle variété de pommes de terre, baptisée UNICA, est en train de transformer l’existence de cultivatrices comme Esther et d’en assurer les moyens de subsistance.

Trois femmes tenant des sacs d'une marque d'en-cas sains développée par l'une d'entre elles.

Augustina Tufuor a lancé son entreprise de production de collations bonnes pour la santé, mais s’est heurtée à des obstacles dans l’obtention d’un financement lorsqu’elle a voulu développer son activité. Plus de 70 pour cent des entreprises dirigées par des femmes en Afrique, comme celles d’Augustina, n’ont pas suffisamment accès aux services financiers. Beaucoup travaillent dans un cadre informel, où elles manquent de protections juridiques. Présent dans six pays, le programme EWAT, lancé par la FAO, promeut la participation des femmes au sein de la Zone de libre-échange continentale africaine. Il vise à accroître la compétitivité des femmes dans le commerce en renforçant leurs connaissances, leurs compétences et leur accès au financement, grâce aux nouvelles perspectives de commerce régional ouvertes par la Zone de libre-échange. 

Les solutions des systèmes agroalimentaires

La FAO continue de travailler pour relever les défis liés aux changements climatiques, à la biodiversité, à la dégradation des terres et à la sécurité alimentaire.

Une femme du Ghana cultivant du fonio

Le fonio, céréale ancienne d’Afrique de l’Ouest, dont la culture est traditionnellement l’affaire des femmes dans le nord du Ghana, est un aliment de base pour la famille de Christabel, comme pour beaucoup d’autres dans le district de Chereponi. Il y un an encore, Christabel ignorait que le fonio pouvait aussi se cultiver pendant la saison sèche. Cependant, grâce à un projet mis en place récemment par la FAO, en partenariat avec la chef Fatmata Binta, célèbre dans le monde culinaire pour avoir donné ses lettres noblesse à la gastronomie africaine, Christabel et d’autres cultivatrices ont appris qu’elles pouvaient vivre toute l’année de la culture du fonio. Ce projet, auquel est associé le Ministère de l’alimentation et de l’agriculture du Ghana, vise à dispenser aux productrices de fonio des formations qui leur permettront de gagner en productivité et d’accroître leurs revenus.

Journée mondiale de l'alimentation 2024

Aujourd'hui, plus de 2,8 milliards de personnes ne peuvent pas se permettre une alimentation saine. Or, l'alimentation est un principe universel de vie et un droit humain fondamental.