Hommage aux intervenantes de première ligne dans les interventions d’urgence

2 mars 2026

La Région européenne de l’OMS abrite l’un des réseaux d’équipes médicales d’urgence (EMT) les plus performants au monde, comprenant plus de 100 équipes et plus de 75 000 professionnels hautement qualifiés issus des secteurs de la santé, de la protection civile et de la défense, d’organisations non gouvernementales et du monde de l’enseignement, représentant plus de 40 pays de la Région européenne de l’OMS. Les EMT prodiguent des soins salvateurs aux personnes touchées par des catastrophes naturelles, des conflits, des épidémies et autres situations d’urgence. Elles travaillent également avec les systèmes de santé nationaux pour fournir rapidement des capacités supplémentaires en cas de besoin et renforcer les services locaux.

Les EMT ne sont pas seulement une ressource en temps de crise, elles font partie intégrante de la médecine d’urgence en temps de paix. Très bien formées et au fait des techniques et des protocoles les plus récents, elles sont prêtes à agir en cas d’urgence, ce qui signifie qu’elles peuvent être efficaces et opérationnelles rapidement. 

En cette Journée internationale de la femme, nous braquons les projecteurs sur les femmes spécialistes de la médecine et de la logistique qui, aux côtés de leurs collègues masculins, participent à des déploiements rapides pour prodiguer des soins vitaux et assurer une coordination, sauvant ainsi des vies dans les situations d’urgence. Qu’elles soient en service dans la région ou à l’étranger, elles incarnent toutes l’esprit de l’Initiative des EMT : se rassembler dans un but commun, donner à chaque État membre les moyens de protéger la santé de sa population et renforcer la Région et le reste du monde face aux quelconques défis qui se poseraient.  

Vahide Candan
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Vahide Candan est une infirmière turque spécialisée dans les soins intensifs qui s’est portée volontaire pour intégrer l’équipe nationale de secours médical (UMKE) de son pays.

En soignant des patients blessés arrivant de Syrie, Vahide a pris conscience du caractère crucial de l’intervention médicale, non seulement dans les hôpitaux, mais aussi sur le théâtre des faits : « Durant cette période, j’ai ressenti le désir d’être présente sur le terrain dans les moments les plus difficiles de la vie des gens. » 

Après l’énorme tremblement de terre de Hatay, en 2023, Vahide a travaillé dans des hôpitaux d’urgence mis en place par l’UMKE pour assurer une permanence en matière de services de santé. Elle vit et travaille toujours dans la région touchée. 

« Mon message aux jeunes femmes est le suivant : travailler dans le domaine des catastrophes et des interventions d’urgence est une aventure difficile mais profondément enrichissante. La présence de femmes sur le terrain n’est pas seulement une nécessité, mais aussi un gros atout. » 

Hannah Gladstone
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Clare Jefferys est une consultante britannique en médecine d’urgence qui travaille avec l’EMT UK-Med.

« J’ai participé à 3 missions à l’hôpital de campagne Al Mawasi de Gaza. Une équipe relativement restreinte de médecins expérimentés y travaille, mais aucun d’entre eux n’est spécialiste de la médecine d’urgence ; c’est donc moi qui apporte cette expertise et cette formation. Il peut s’agir de s’exercer à l’échographie sur les lieux des soins ou d’appliquer des compétences pratiques telles que l’insertion d’un drain thoracique. » 

Clare décrit ce travail comme un privilège : « Si vous voulez faire ce genre de travail, vous quittez votre famille pendant des semaines, mais ne prétendons pas que c’est totalement altruiste : j’ai probablement appris bien plus que ce que j’ai transmis à mes collègues dans le cadre de ces emplois et de ces déploiements. » 

Andrea Manzano Roldan
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La gynécologue Andrea Manzano Roldan est partie en mission avec l’équipe START (équipe espagnole d’intervention pour l’aide technique) en Türkiye (2022) et en Jamaïque (2025).

Malgré un stress élevé et des conditions difficiles, Andrea trouve une formidable raison d’être dans l’aide aux sinistrés. « Pour moi, le fait de pouvoir aider une personne vulnérable dans une situation d’urgence donne un sens à mon travail. Cela m’enthousiasme de pouvoir allumer une lueur d’espoir pour quelqu’un qui a vécu une situation terrible. Chaque déploiement est une leçon de vie qui me transforme un peu. » Dans les situations difficiles, elle s’appuie sur son équipe soudée : « Pendant les déploiements, les émotions sont parfois fortes et l’épuisement peut faire des ravages. C’est à ce moment-là que la solidarité et le soutien entre collègues sont vraiment importants. Je me sens très fière de faire partie de l’équipe START. » 

 

Akcholpon Khumaeva
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Akcholpon Khumaeva travaille au sein du service de médecine des catastrophes de la République du Kirghizistan. Elle est également neurologue.

« En 2024, d’énormes coulées de boue ont déferlé dans tout le pays, entraînant des pertes humaines, la destruction d’infrastructures et d’importants dégâts matériels », explique Akcholpon. 

Lors des déploiements, son équipe gère le triage, la prise en charge sur place et l’évacuation des blessés, en mettant l’accent sur le devoir professionnel plutôt que sur le genre. 

Le service cherche à obtenir une accréditation en tant qu’EMT, ce qui lui permettrait de participer à des échanges d’expérience et à des exercices conjoints et lui donnerait accès aux protocoles les plus récents, ce qui renforcerait la formation spécialisée et améliorerait la qualité de l’action d’urgence. 

« Pour notre part, nous sommes prêts à apporter notre expérience concrète du travail dans les situations d’urgence et notre expertise clinique, et à travailler selon les normes internationales. » 

Sigrun Aase Holen
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Sigrun Aase Holen, infirmière norvégienne travaillant en bloc opératoire, a été envoyée 15 fois en mission avec la Croix-Rouge et l’EMT norvégienne.

Sigrun a proposé ses compétences dans le cadre de situations d’urgence internationales, telles que des épidémies ou des tremblements de terre. 

« Lors de ma première mission, une sage-femme est venue près de moi et m’a dit : « Vous devez savoir que vous ne pouvez pas sauver le monde, mais si vous pouvez sauver ne serait-ce qu’une seule personne, ce serait déjà beaucoup ».

Mère de 2 enfants, elle a attendu que ceux-ci soient adolescents pour effectuer sa première mission internationale, à l’âge de 48 ans : « Mon conseil aux autres femmes : vous n’avez pas à vous dépêcher d’embrasser cette carrière. » 

Au fil des ans, elle a constaté l’impact de l’Initiative des EMT et du Plan d’action régional 2030 de l’OMS, qui a transformé les normes de qualité et la coordination des soins des EMT. 

« J’ai eu beaucoup de chance dans ma vie. Ce travail m’apporte quelque chose en retour. Nous pouvons échanger nos savoirs et nous entraider. »

OMS
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Yuliia Koshtovska est médecin urgentiste au sein de l’équipe d’évacuation médicale du service régional d’urgence de Lviv.

Depuis le début de la guerre, le ministère ukrainien de la Santé dirige la mise en œuvre du programme d’évacuation médicale, en coopération avec l’Union européenne et les gouvernements partenaires, et avec le soutien technique et opérationnel de l’OMS. Ce programme permet aux Ukrainiens ayant besoin de soins médicaux qui ne sont pas disponibles, ou rarement, en Ukraine à cause de la guerre d’accéder à des traitements spécialisés et à une rééducation à l’étranger. À ce jour, plus de 6 400 Ukrainiens ont été soignés dans des établissements médicaux de 33 pays, dans le monde entier. 

« Nos patients sont source de force et de motivation pour nous », déclare Yuliia. « Voir ce qu’ils ont vécu et l’état dans lequel ils se trouvent, et pourtant ils continuent à croire, à rester forts et à se battre, c’est extrêmement impressionnant. » 

Alessia Mugani Poggesi
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Alessia Mugani Poggesi est une haute responsable du département de la protection civile de Toscane.

Travaillant dans le cadre de la protection civile régionale depuis l’âge de 21 ans, Alessia est intervenue lors de tremblements de terre et d’inondations dévastateurs. Tout récemment, elle a coordonné l’accueil médical de patients pédiatriques de Gaza en Italie. « Je ne suis ni médecin, ni pompier, mais je suis une experte de la gestion de toutes ces activités. La coordination est parfois l’un des aspects les plus difficiles de ce travail. »  

Elle dirige aujourd’hui le projet EMT2 Toscana, qui vise à certifier l’unité mobile de la région en tant qu’EMT de type 2, conforme à la norme de l’OMS. « Dans le cadre de la classification en cours, l’OMS a fourni de nombreuses occasions d’établir des liens avec différentes EMT. C’est un aspect important que j’apprécie vraiment. » 

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